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sociologie de comptoir

chronique du sexisme ordinaire 2

Parmi les rubriques statistiques les moins bien renseignées, on trouve celles mesurant les violences faites aux femmes. Alors bizarre, vous avez dit bizarre, voici en vrac quelques chiffres, pour se rendre compte de l'ampleur du sujet, sans prétention à rendre compte de la souffrance générée. Juste de quoi se demander pourquoi ce n'est pas au coeur des débats politiques, alors que c'est un phénomène social et que le silence qui règne est une des conditions de possibilité de la violence masculine : l'impunité, l'occultation, l'insuffisante protection des victimes encouragent le passage à l'acte.

USA : de 15 à 24 % des femmes ont subi un viol à l'age adulte.

USA : on passe à 44 % pour des violence sexuelles si l'on considère toute la durée de vie.

70 à 80 % des violeurs sont des hommes de l'entourage de la femme.

Selon Amartya Sen [Nobel d'économie en 1998] plus de 100 millions de filles manquent à l'appel suite aux avortements sélectifs, aux infanticides et mauvais traitements sélectifs visant à éliminer les filles. On parle de gynocide, génocide du sexe féminin.

Suisse : 20 % des adolescentes ont vécu des "violences ou agressions sexuelles ayant impliqué un contact physique".

Entre 20 et 30 % des femmes dans les pays industrialisés ont subi des violences physiques [y compris sexuelles] de leur partenaire ou ex-partenaire sur des périodes allant de plusieurs mois à plusieurs années.

En Grande Btretagne, 2 femmes par semaine sont tuées par leur partenaire.

Au Pérou, de 1996 à 2000, 300 000 femmes ont été stérilisées, par force ou par ruse.

 

sources : Patrizia Romito, Un silence de mortes - La violence masculine occultée, Paris, Syllepse, 2006.

24.11.06 11:21


chronique du sexisme ordinaire

Un vieux débat sur la pub porte sur la question de savoir si la pub génère du sexisme ou si elle n'est que le reflet de la société. C'est un peu la poule et l'oeuf, même si, pour ces derniers, on a la réponse. C'est aussi une question qu'on peut se poser à propos des ignobles magazines féminins.

Avec cette vidéo on a là aussi un début de réponse...

La presse "féminine" est sexiste, salit les femmes en intercalant scandaleusement un article sur l'excision entre un "publi-reportage" sur la mode et une pub pour une crème anti-cellulite, pousse à la sur-consommation de produits inutiles et inefficaces pour leurs objectifs.

Bien sûr, on se lève le matin avec une tête "bof", on se ruine en crèmes anti-ride, anti-radicaux libres, anti-???, bien sûr on a quand même des rides, parce que c'est la vie, et bien sûr on se sent moches. Et il paraîtrait même que certaines s'épilent les sourcils pour avoir un regard plus glamour. Toutes pareilles, toutes en rang, pour obtenir un "regard
photoshop" ?

Ce que je viens d'écrire, tout le monde le sait.

Presque toutes les femmes que je connais sont d'accord.

Alors pourquoi acheter la presse "féminine" ? Pourquoi continuer à acheter des journaux où il n'y a que de la pub, des modèles trafiquées, de la pub, encore de la pub, et qui prennent les femmes pour des connes ?

 

STOP !

arrêtez

d'acheter

la presse

féminine

 

Spéciale dédicace à El Che , chez qui j'ai trouvé cette vidéo, et à Dilettante , féministe selon mon coeur !

26.10.06 16:32


Ces démocraties qui s'achètent de la chair à canon...

Je n'ai pas vu le film Indigènes. Je ne sais pas ce qu'on en dit [sauf que c'est triste parce que ... il meurt à la fin ]. Je ne vais pas aller le voir. Je ne vais même pas en reparler ici. C'était juste pour faire une intro "actu". Et puis j'ai eu la flemme...

Enfin, je sais quand même quel est, grosso modo, le sujet de ce film. Les colonisés enrôlés dans l'armée française. Petit panorama de la question [non exhaustif, bien sur] :

Pendant la Seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont imposé au Mexique la conscription de 250 000 Mexicains dans l'armée américaine en échange d'une importante réduction de la dette mexicaine [ils ont aussi obtenu des indemnisations pour la nationalisation des intérêts pétroliers US en 1938].

Aujourd'hui, ça se passe plus en "one to one", comme on dit dans la pub. Les Mexicains s'enrôlent d'eux-mêmes en échange de la nationalité.

Ne nous indignons pas, la France fait la même chose avec sa Légion étrangère.

Et puis, militaire, c'est quand même un boulot de cons, non ? En cas de guerre, on risque sa peau. On va pas y envoyer les riches... Moralité : quand on n'a plus assez de pauvres chez soi, allons en acheter ailleurs, ça ne coûte pas très cher.

 

PSUMP : d'ailleurs, c'est pas très nouveau. La guerre moderne fonctionne comme ça. Même durant la période révolutionnaire française, on pouvait toujours payer un remplaçant si on avait le malheur d'être tiré au sort pour partir.

UMPS : avis aux zoophiles qui se sentent concernés par l'élection présidentielle, mais pas seulement à eux, le prochain post parlera de "chèvre politique"

5.10.06 13:04


la politique réalité

Il faudra bien qu'un jour les journalistes prennent leurs responsabilités. Surtout ceux "de gauche" qui sont contre Sarko et pensent que Ségo, quand même, elle est réac... Parce que c'est qui qui parle d'insécurité à longueur de télé et de radio ? Qui consacre des numéros spéciaux des hebdo avec des photos de couverture qui font peur au bourgeois ? Qui fait une rubrique "société" avec le contenu des poubelles des commissariats, qu'autrefois on nommait encore "chiens écrasés" [et c'était pas le plus considéré des postes] ?

On sait en plus ce que ça donne. Sur les 15 dernières années aux USA, les crimes de sang ont baissés dans les statistiques, explosés dans les média, envahis les discours politiques. Résultats : politiques sécuritaires qui servent en fait à autre chose [notamment à criminaliser la pauvreté, mais nous en reparlerons...].

"Celui qui impose à l'autre son vocabulaire lui impose ses valeurs, sa dialectique et l'amène sur son terrain à livrer un combat inégal"... c'est de Bruno Gollnisch [Le Figaro, 21 juin 1996] et bien que ce soit un principe politique classique [heu... sauf au PS], on voit que ça marche.

[merci, journalistes de France Info, à force d'entendre vos conneries, je cite Bruno Gollnisch ! Moi, je cite, mais dites vous bien qu'y'en a qui votent.]

 

Puis tiens pendant qu'on y est ! Remarque que j'aimerai n'être qu'anecdotique : quand un monsieur tue sa femme, on appelle pas ça pareil suivant l'origine sociale des époux ; "crime passionnel" ou "violences conjugales"... Je ne dis pas que les deux n'existent pas, mais leur répartition est bien étonnante.

20.6.06 21:37


ethnies ou ethnicité ?

Petit ras-le-bol sur le terme « ethnie ». L’ethnie, c’est quoi ? A la fin du XIX° et au début du XX° siècle, le terme apparaît dans les administrations coloniales (principalement en Afrique) et chez les ethnologues, pour classer les populations indigènes. Etroitement lié au terme de « race », l’ « ethnie » sert donc à distinguer des groupes humains les uns des autres, comme s’ils avaient une différence essentielle et irréfutable de par leur naissance. Le problème, c’est bien sûr que sont amalgamés sous ce même terme des réalités totalement différentes et plus complexes : les groupes en question, loin d’être des « ethnies », sont liés par des institutions que les colonisateurs ne savent pas reconnaître (après tout, ils sont chez les sauvages, un roi des sauvages, ils comprennent, un système politique différent du leur, ils ne le voient pas&hellip. Langages, zones d’échanges, marchandes ou monétaires, systèmes politiques, groupes sociaux, division du travail, religions, etc. ; toutes ces éléments interviennent dans l’organisation politique de l’Afrique, sans que les zones se recoupent toutes, d’ailleurs. Mais bon, la colonisation simplifie les frontières et les réalités, elle fabrique des « ethnies », du « tribalisme ». L’exemple type, et tragique, des hutus et des tutsis au Rwanda le montre bien.

On observera que ce sont toujours les autres qui sont divisés en « ethnies ». (Un bon point sera décerné à celle ou celui qui me trouvera des textes de journalistes analysant la situation en Corse, au Pays Basque, en Bretagne ou en Occitanie en parlant de « conflits ethniques » ou de « coexistence plus ou moins pacifique de différentes ethnies »&hellip

On ne peut évidemment pas tout ramener au vilain colonisateur, ce n’est pas le but, d’autant que finalement, l’« ethnie » a une réalité : elle sert, ou peu servir, de référence identitaire aux individus. C’est pour cela que les anthropologues et les sociologues, depuis une bonne vingtaine d’années, utilisent le terme d’« ethnicité », pour évoquer ces catégories construites auxquelles certains se réfèrent.

Il ne s’agit pas seulement de couper les cheveux en quatre ou d’inventer un nouveau mot, plus savant, pour faire la nique aux journaleux. L’enjeu est d’abord de pouvoir déconstruire cette catégorie raciste, qui sert souvent à expliquer de façon simpliste des conflits complexes, sans utiliser les mêmes mots que ceux qui s’en servent. L’enjeu est ensuite de pouvoir quand même prendre en compte les « effets de réalité » de la catégorie, c'est-à-dire ce que produit le fait d’y croire.

29.4.05 14:39


la fausse innocence des mots

J’ai un problème avec le terme « Holocauste », terme religieux à l’origine, qui signifie sacrifice offert à Dieu : les Juifs « offerts » en sacrifice, je trouve le lien assez obscène. Je l’utilise dans le post "lectures" sur le livre de Bauman parce que c’est le terme qu'il emploie et qu’il est couramment utilisé aux Etats-Unis. Ceci dit, j’ai aussi un problème avec le terme de « Shoah », qui renvoie uniquement aux victimes juives, et pas aux autres (dans ce cas, je préfère parler de « judéocide ». On peut aussi parler de « génocides commis par le régime nazi » (pas très pratique comme expression) ; il n’y a à ma connaissance pas de mot pour désigner l’ensemble des populations victimes. Les mots n’étant pas anodins, cette question renvoie bien sûr à une problématique autour de la mémoire : certains groupes (handicapés et malades mentaux, tziganes, mais aussi homosexuels, etc.) n’ont pas pu jusqu’à une date récente revendiquer cet événement ou demander des comptes (c’est d’ailleurs aussi le cas des Juifs après la seconde Guerre Mondiale : quand on parlait de déportation ou de camp, c’était principalement pour évoquer les déportés politiques).

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26.4.05 13:55





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